La Grande Comédie-Ballet de Molière relue au grand jour, entre rupture et tradition, avec danses, chansons, costumes, couleurs et modernité.

Qui est le plus indigne, du titré ou du roturier ?

Qui est le plus pathétique, du noble courtisan ou du benêt sincère ?

Monsieur Jourdain n’est pas si ridicule qu’on le pourrait penser.

C’est un éternel adolescent.

Bourgeois riche, mais inculte ; généreux, mais crédule ; il est avant tout profondément amoureux.

Si ce rêveur cherche à se parer de tous les attributs de la noblesse, c’est pour mieux plaire à Dorimène, et pour se montrer digne de ce qu’elle lui inspire.

L’élite corrompue, hypocrite, intrigante, incarnée par le sournois Dorante, ne fait cependant de Jourdain qu’une dupe, un objet de comédie. Et tous les courtisans, maîtres à danser, de musique, d’armes et de philosophie, d’entretenir sa folie, au grand dam de Madame Jourdain, digne épouse, encore et malgré tout amoureuse de son mari.

La Troupe du Théâtre de l’Echo convie le public à une grande relecture comique et touchante du Bourgeois Gentilhomme, dans un décor intime et monumental, baigné de couleurs, socle d’une rencontre inédite entre la tradition des costumes d’époque, la musique de Lully, et la modernité de la direction artistique, soucieuse de racheter enfin le bon Monsieur Jourdain.

Mise en scène : Daniel Deprez assisté de Nicolas Bazin
Chorégraphie : Caroline Dodelande assisté de Alyse Pilloix

Distribution :

COMÉDIENS
Mr Jourdain : Daniel Deprez
Mme Jourdain : Christine Lacombe
Maître de musique: Renald Laban
Maître à Danser : Nicolas Quesnel
Maître d’armes: Aurélien Bédéneau
Maître de philosophie: Jeremy Harnais
Maître tailleur: Nicolas Quesnel
Nicole: Claire Girardin
Clèonte : Matthieu Quelen (version tout Public)
Clèonte Nicolas Bazin (version scolaires)
Covielle: Jeremy Harnais
Dorante: Aurélien Bédéneau
Dorimène: Olivia Nason
Lucile: Naïs Deprez (version tout public)
Lucile: Clémentine Marin (version scolaires)
Laquais: Pascal Lucas et Liliane Legendre
Mufti: Renald Laban
Le Truchement: Jeremy Harnais
DANSEUSES
Caroline Dodelande
Alyse Pilloix
Agathe Deprez
Loreila Schreder
Gisèle Lerond

CHANTEURS(ES)
Renald Laban
Aurélien Bédéneau
Nicolas Quesnel
Olivia Nason
Agathe Deprez
Nais Deprez

Musique: Lully

Costumes: Florence Boutoute
Infographie : Thomas Andreï

Représentations scolaires :
Jeudis 9, 16, 23, 30 janvier – 14h00
Vendredis 10, 17, 24 janvier – 14h00
Jeudis 6, 13 février – 14h00
Vendredis 7, 14 février – 14h00
Les réservations pour les représentations scolaires se font par par téléphone 02 35 88 61 73 ou par mail robec2@bbox.fr

Tarif : 12€/élève

Représentations tout public :
Samedi 25 janvier – 20h30
Dimanche 26 janvier – 16h30
Samedi 8 février – 20h30
Dimanche 9 février – 16h30

Tarif plein : 24€
Tarif réduit : 16€ (Étudiant,minima sociaux)
Tarif famille: 2 adultes / 2enfants 70 euros

RÉSERVATIONS :
– Sur le site du Théâtre de l’Echo
OU
– Par téléphone
OU
– Sur billetreduc.com : https://www.billetreduc.com/225482/evt.htm

Les bourgeois c’est comme… plus ça devient vieux… plus ça devient…

Ce bourgeois-ci (Monsieur Jourdain) ne devient pas puisqu’il l’est : amoureux de la belle Dorimène…
Et l’amour donnant des ailes, il va tout mettre en œuvre pour voler le plus haut possible afin de s’attirer les bonnes grâces de la veuve, ainsi va-t-il s’accoutrer autrement, s’exercer à l’apprentissage des armes, de la danse, de la musique, de la philosophie…
C’est donc, autour ou à partir de l’argument de l’amour que se construit la représentation.
Monsieur Jourdain, ce bourgeois naïf, éternel « étudiant en gentilhommerie », évolue parmi nobles et laquais, tous pétris d’hypocrisie. Mais les uns et les autres, sont les victimes d’un pouvoir vertical suggéré par un décor monumental, de lourdes tentures de velours rouge sans un pli et disparaissant dans les cintres de l’Echo. Décor classique à la « versaillaise » avec ses deux appartements-coulisses en fond de scène, cour et jardin, et rigoureusement identiques, qui ramène chaque personnage, qu’il soit maître d’armes virevoltant ou danseur sautillant, à sa condition de piéton, incapable de toucher la voûte céleste réservée au seul soleil détenteur du « pouvoir jupitérien »… (On peut imaginer que la pièce fut présentée dans cet esprit, pourquoi pas, en 1670, au château de Chambord devant le roi Louis XIV qui avait toutes les raisons de se réjouir!)
Ainsi celui qui désire s’élever s’englue dans sa fièvre d’amour, cloué dans son fauteuil ou roué de coups de bâton.
Ainsi ceux qui font valoir leurs hauts titres de noblesse ou de savoir-faire mais piétinent le plancher des vaches malgré leurs envolées lyriques et leurs coups d’estoc.
La comédie-ballet du Théâtre de l’Echo, à sa manière, touche au politique, peut-être sans le savoir, tout comme Monsieur Jourdain faisant de la prose à son insu. Certes, le rire l’emporte mais on se sent avoir de l’empathie pour ce bourgeois ridiculisé dans son désir d’amour, et parcourir d’une onde de tristesse pour cette valetaille acoquinée à la noblesse vaniteuse, quémandeuse, prête à tout pour se moquer et s’enrichir. Nous sommes en quelque sorte sur le rond point de la frustration, tous milieux sociaux confondus, mais comme nous sommes au théâtre, c’est la comédie qui est reine, elle n’a rien à démontrer, encore que…
Un oubli de taille : je n’ai pas parlé des comédiennes et des comédiens et des costumes et de la musique et du chant et de la danse et des lumières. Que de l’excellence à tous les niveaux.
Ah si, un seul point noir : il manque vos applaudissements.
Vite, vite, la troupe de l’Echo vous attend.

CLAUDE SOLOY le 23 janvier 2019